Bodet: la cloche Barbe Martine est de retour à l’église Saint-Quirin

Bodet: la cloche Barbe Martine est de retour à l’église Saint-Quirin

Photo Nord Éclair

Chérie comme une « demoiselle », la plus petite des trois cloches de l’église Saint-Quirin, vient de faire son retour à Neuville après un séjour de deux mois dans le Maine-et-Loire. D’abord déposée le 29 juin, elle a subi une rénovation plus que nécessaire et peut désormais de nouveau sonner pendant trois cents ans.

Fondue en 1769, la « demoiselle », comme l’appelle Bruno Pierru, des campanistes Bodet, n’est pas de première jeunesse. Après diagnostic, une restauration s’imposait. « Avec le temps, le battant creuse l’intérieur de la cloche, qui risque de se fêler, explique le campaniste, nous l’avons donc rechargée à chaud pour rattraper les points d’usure. » Faite d’airain, un alliage composé à 78 % de cuivre et 22 % d’étain, Barbe Martine a donc fait un petit séjour dans le four de Trémentines. « Il ne faut pas se tromper dans l’alliage sinon cela génère un gros défaut de sonorité. » Cette recharge en fonderie devrait augmenter la durée de vibration. Un peaufinage a ensuite permis de retravailler les détails et de nettoyer l’ensemble de la pièce.

Celle-ci étant classée, il a également fallu respecter le protocole pour lui fabriquer un nouveau battant. « L’ancien était en fer forgé, nous l’avons refait à la main à l’identique dans notre forge. Pour l’adapter à son temps. »

Soixante-dix mille coups par an

Quatre jours de travail et plusieurs de refroidissement plus tard (processus important de la recharge), là voilà de retour dans son église d’origine. Et, le campaniste l’assure : « Elle a sonné pendant trois cents ans, elle est repartie pour trois cents petites années. » Cela dit, désormais électrifiées, les cloches peuvent aujourd’hui frapper 70 000 coups par an. À ce rythme là, il est possible qu’elle soit « déjà un peu abîmée d’ici cinquante ans ». Son retour n’est pas passé inaperçu sur la place de Neuville. La photographiant sous tous les angles, les passionnés de patrimoine ont eu l’occasion de contempler de près les détails en relief pendant son installation sur le tapis rouge. Placée à l’entrée de l’église, elle reste exposée jusqu’au 20 septembre selon les horaires d’ouverture de l’église et sera visible lors des journées du patrimoine. La semaine suivante, Barbe Martine s’élèvera à plusieurs mètres de hauteur pour retrouver son clocher et réintégrer le beffroi tout neuf que les campanistes de chez Bodet commenceront à monter dès lundi. Réalisé en bois de cœur de chêne, il supportera les trois clocles en même temps, contrairement à l’ancien. Un gain d’espace, une meilleure sécurisation et des charges mieux réparties... le si de Barbe Martine devrait parfaitement résonner

Source: Nord Éclair

Septembre 2015