Prêtres et fils : À la recherche du temps perdu

Prêtres et fils : À la recherche du temps perdu

Photo L'Est Républicain

A Niarnirolle, la société Prêtre et Fils vient d’achever la rénovation d’une horloge unique, qu’elle avait fabriquée à Rosureux en... 1893!

L’entreprise Nicolas Prêtre & fils, est spécialisée depuis maintenant sept générations dans l’horlogerie monumentale et les équipements campanaires. Depuis un mois et demi, elle travaille à la restauration d’une horloge mécanique fabriquée à Rosureux par cette même manufacture en… 1893 ! Récupérée en mauvais état, l’horloge a été nettoyée, réparée et repeinte. « Nous avons une dizaine d’objets de ce type par an. Il manque toujours quelques pièces, donc nous en recréons à l’atelier, et nous les replaçons. L’idée est de refaire marcher l’horloge. C’est toujours un plaisir pour nous passionnés de recevoir des oeuvres comme celle-ci. Nous avons travaillé trois ou quatre mois dessus », ajoute Nicolas Prêtre, directeur de l’entreprise.

Exposée à Arc-sous-Cicon
Fabriquée à l’origine pour une exposition à Besançon, c’est Christian Prêtre, le père de Nicolas, qui a retrouvé cette horloge à Arc-sous-Cicon. Il a alors proposé à la mairie de la rénover. « Je leur ai expliqué qu’il y avait quelque chose à faire avec cette oeuvre, car il y a un vrai patrimoine derrière. Mais le projet a été reporté car la mairie a brûlé entre-temps. Cela nous a pris plusieurs années pour organiser la rénovation », explique-t-il. Dans quelques semaines, l’horloge rejoindra la mairie d’Arc-sous-Cicon pour y être exposée. En plus d’avoir été fabriquée par les aïeux Prêtre, elle a pour particularité de comporter de nombreuses pièces en laiton avec un support en acier, chose rare pour son époque.

En Franche-Comté, réputée région horlogère, Christian comme Nicolas dénichent nombre d’objets dans les églises, clochers ou mairies. « C’est rarement une commune qui vient pour la rénovation d’un objet, car ils sont souvent laissés à l’abandon. Alors, lorsque nous repérons une horloge, nous contactons la mairie en leur expliquant que c’est une pièce rare, et qu’elle fait partie de l’histoire du village ou de la ville. Tout part de là. » Si les collectivités sont la plupart du temps intéressées par la rénovation, en revanche, peu de particuliers ou de collectionneurs contactent la société pour acheter ou réparer un bien.. D’ailleurs, Christian et Nicolas n’ont pas pour objectif prioritaire la vente et ils gardent une très grande passion pour leurs travaux. « Nous avons des pièces datant du XIXe siècle. La plus vieille doit être de 1847. On ne veut pas les vendre car ce sont des pièces uniques, même si pour l’instant elles sont stockées dans un coin de l’atelier en attendant peut-être de construire un bâtiment pour les exposer », admet Nicolas.

Jusqu’au Cameroun
Créée en 1790, l’entreprise Prêtre rénove aujourd’hui des horloges venues de toute la France, voire de l’étranger. « Nous avons des objets venant de Paris, de Suisse et même d’ailleurs. L’an passé, ce sont des Camerounais qui nous ont contactés pour la rénovation et la création d’horloges », confie Nicolas. Cinq personnes travaillent dans l’atelier. Si elles consacrent la plupart de leur temps à l’horlogerie, elles travaillent aussi dans d’autres domaines : l’électricité (lustrerie, etc.) et le paratonnerre. Une passion partagée par la famille, qui dure maintenant depuis 225 ans. Martin SAUSSARD

Source: L'Est Républicain

Octobre 2015