Lussault installe un tintinnabulum médiéval au château de Tiffauges.

Lussault installe un tintinnabulum médiéval au château de Tiffauges.

À Tiffauges, un tintinnabulum va être installé au château. La première des trois cloches qui le composent a été mise en place samedi soir.

Pourquoi ? Comment ?

Tintinnabulum ?

C'est le nom latin d'une sorte de carillon. Celui qui sera installé dans le château de Tiffauges comportera trois cloches qui résonneront en harmonie. De 60, 130 et 220 kg, elles sont fabriquées dans le respect de la tradition médiévale. Car, les cloches, comme d'autres objets, ont évolué au fil du temps. Celle qui a été dévoilée hier soir, la plus petite, a été conçue sur le modèle de la cloche Fontenaille, qui date de 1202 et qui se trouve au musée d'art et d'histoire Baron Gérard, de Bayeux.

Une prouesse technique

Les caractéristiques de la cloche de Fontenaille ont été relevées au laser et travaillées en DAO pour les reproduire. En particulier, son profil, très différent des cloches plus récentes, pour que revive le son de l'époque. La cloche porte une dédicace, une inscription voulue par le conseil départemental, « La Famille » accompagnée du coeur vendéen.

Pourquoi à Tiffauges

Le château de Tiffauges ancre son projet ludique et éducatif dans le Moyen Âge, notamment grâce aux animations avec les machines de guerre. Pour étoffer l'offre ludique, le conseil départemental, propriétaire du site, a accepté la proposition de l'entreprise campaniste de Tiffauges, Lussault : construire un tintinnabulum, dans le respect de l'art médiéval.

Une fête

Samedi soir, pendant le marché de Noël, la cloche est « née », devant un vaste public, presque recueilli. Le moule a été brisé devant Vincent Laumaillé, patron de la société Lussault, et de Paul Bergamo, directeur de Cornille-Harvard, à Villedieu-les-Poêles, où la cloche a été fondue.

Les techniciens des deux entreprises ont utilisé des outils réalisés à la forge médiévale du château, l'après-midi même en public, par Philippe Levêque, campaniste chez Lussault.

Pendant l'opération de démoulage, Vincent Laumaillé et Paul Bergamo ont expliqué les différentes étapes de la fabrication. « Une cloche, c'est avant tout un instrument de musique, dit Paul Bergamo. Elle fait souvent partie d'un ensemble qui va jouer une mélodie. »

Deux anniversaires

Ça a été une joie et une grande satisfaction, pour les techniciens de l'entreprise Lussault, qui fête ses 150 ans cette année, associée pour l'occasion à la fonderie Cornille-Havard qui a elle aussi 150 ans. C'est elle qui a fondu les nouvelles cloches de Notre-Dame de Paris.

Vincent Laumaillé, le patron de Lussault, passionné d'art campanaire dont il représente la deuxième génération, explique : « Il s'agit pour nous de faire connaître et de transmettre un art, un savoir-faire et des compétences qui rythment le temps et les événements dans la vie des hommes, depuis le Moyen Âge. »

Une manière aussi de célébrer les 20 ans du marché de Noël au château, marché qui ce week-end a battu des records d'affluence. Samedi soir, déjà 15 000 visiteurs avaient été recensés.

Source: Ouest France

Décembre 2015