Passage à l’heure d’été : à Ferrières, il dompte le temps chez Huchez depuis 22 ans

Passage à l’heure d’été : à Ferrières, il dompte le temps chez Huchez depuis 22 ans

Christophe Delattre est électrotechnicien dans l’entreprise d’horlogerie Huchez, implantée sur le Plateau picard depuis 1832 et tenue par la même famille depuis quatre générations. Photo Le Parisien

Au troisième top, à 2 heures, il sera exactement… 3 heures. Ce dimanche matin, nous aurons perdu un peu de sommeil à l’occasion du passage à l’heure d’été. Christophe Delattre, 45 ans, électrotechnicien depuis vingt-deux ans pour la mythique entreprise Huchez implantée à Ferrières, sur le Plateau picard, est prêt.

Si le changement d’heure ne représente plus un pic d’activité depuis le passage au tout électronique dans les années 1970, il reste toujours quelques irréductibles, qui ont impérieusement besoin des conseils téléphoniques du spécialiste à ce moment crucial de l’année.

Les gares, les hôpitaux et les églises, les mairies, les bibliothèques et les écoles, le parc Euro Disney… Les horloges Huchez sont partout. Dans l’atelier de Ferrières, créé en 1832 et tenu par la famille Huchez depuis quatre générations, c’est Christophe Delattre qui programme les cartes électroniques et effectue les tests sur chaque appareil, à raison d’une horloge par jour en moyenne. Grâce aux informations qu’il intègre dans le programme à l’aide de son logiciel, les horloges, les pointeuses électroniques et les minuteries Huchez passent de l’hiver à l’été toutes seules.

« Quand je suis arrivé chez Huchez, pendant quelques années, je passais trois jours au téléphone à chaque changement d’heure, se souvient le spécialiste. Il y avait encore des horloges électromécaniques, une phase intermédiaire entre les systèmes manuels et le tout électronique. Certains clients oubliaient le protocole. Le lundi qui suivait le changement d’heure, nous étions bloqués toute la journée au téléphone ! » Les temps ont changé. Mais quelques exceptions confirment toujours la règle. « Il y en a encore quelques-uns qui téléphonent. Ceux qui ont tripoté quelque chose et ont tout déréglé, ceux qui ont un problème de réception radio pour capter le signal émis depuis Francfort (Allemagne) au cours de la nuit. »

Ce moment de flottement bi annuel fait partie du métier. Une voie que Christophe Delattre a choisie pour « le plaisir du rapport à l’objet, la variété du métier et la diversité des contacts qu’il permet ». Lorsqu’il ne dompte pas le temps, à ses heures perdues, l’électrotechnicien formé au lycée technique Paul-Langevin de Beauvais, répare et collectionne les vieilles voitures. Une autre mécanique de précision.

Source: Le Parisien

Avril 2016