Le campaniste Huchez à l’initiative de la création du club des mécènes de l’Oise en collaboration avec la Fondation du Patrimoine

Le campaniste Huchez à l’initiative de la création du club des mécènes de l’Oise en collaboration avec la Fondation du Patrimoine

Alexandre Causserieu et François Huchez : pour eux, l’implication dans ce club de mécènes s’est faite tout naturellement. Photo Courrier Picard

Y avait-il meilleur endroit que le musée de Picardie pour lancer un club de mécènes du patrimoine ? Née à l’initiative de la société des antiquaires et patronné par Napoléon III et Eugénie, ce premier parmi les premiers palais dédiés exclusivement aux beaux-arts inaugurait à sa manière les PPP, alias partenariats public-privé. Logique qui prévaut toujours en matière de patrimoine. Plus que jamais serait-on même tenté de dire, puisqu’en ces temps d’argent public devenu rare, le patrimoine vernaculaire notamment en est réduit à compter sur la générosité de donateurs.

« La démarche s’est imposée comme une évidence »

C’est donc tout naturellement là, qu’est né mardi le club des mécènes du patrimoine de la Somme. Premier du genre en Picardie, il a vocation à relayer sur le terrain les efforts de la fondation du patrimoine. Le choix de l’échelle départementale plutôt que régionale, procède d’une logique de proximité. « L’idée, c’était de créer un club dans lequel les gens se connaissent, dans lequel il y a de la convivialité. Il faut que nous tenions tous autour d’une table », résume Jean-Yves Canesson, délégué régional de la fondation.

Qu’à cela ne tienne : la dimension régionale, la société des mécènes la trouve dans ses participants. Sur les quatre membres fondateurs, deux sont des entreprises domiciliées dans l’Oise. Les Horloges Huchez à Ferrières et la société Léon Noël (pierre de taille) à Saint-Maximin. Les deux autres sont implantées dans la Somme : il s’agit de la société De Pierre (pierre de taille) ancrée à Amiens et de Dupont Couverture, située à Méaulte (Somme).

Leur objectif commun : financer, en partie au moins, la réhabilitation de ce « petit » patrimoine qui fait encore et toujours le quotidien des Picards et qui appartient majoritairement à des collectivités souvent dépassées par l’ampleur de la tâche. Pigeonniers, églises, beffroi, lavoirs, halles, granges… « L’idée, c’est d’être en prise direct avec ces projets, rappelle Thierry Gambier, société De Pierre. Je pense par exemple aux muches de Bouzincourt qui viennent jusque sous l’église et qui mériteraient d’être mises en valeur. Ou encore à la chapelle d’Hauvillers dans l’Oise, dont les fresques murales souffrent de l’humidité. L’important, c’est qu’il y ait un attachement de la population locale à ce patrimoine ». Car celui des chefs d’entreprise impliqués n’est plus à démontrer. « L’idée s’est imposée assez naturellement », explique François Huchez qui restaure depuis 180 ans – pas lui, sa société – les horloges des clochers et mairies de la région. « Il y avait une certaine évidence à cette implication dans le patrimoine, rappelle de son côté Alexandre Causserieu, patron de la société Léon Noël. Après tout, c’est bien lui qui nous fait vivre. »

Ces quatre-là forment donc l’embryon d’une généreuse entreprise qui ne demande qu’à grandir. Les besoins sont considérables. Les enjeux aussi. Il en va tout simplement de l’avenir de ce patrimoine qui scelle une identité régionale.

Courrier Picard

Mai 2016