Groupement des Installateurs d'Horlogerie d'Edifices et
d'Equipements Campanaires

Trémentines. La première cloche descendue depuis 90 ans

Bodet Campanaire

Il sera possible de découvrir cette cloche, installée à l’origineen 1869 mais refondu en 1929, avec une documentation sur l’origine des cloches et les principes de restauration.

   - Photo:Ouest France

Quatre cloches sonnent à la volée et rythment le quotidien de la population. Pour un besoin de restauration, l’une d’entre elle a quitté le beffroi et est exposée à l’église.

Les cloches, le domaine du campanaire, c’est du patrimoine de la commune de Trémentines avec l’entreprise Bodet. Comme pour son parc de 13 000 clochers (sur 50 000 en France) le pôle campanaire surveille annuellement carillon et machinisme du clocher de l’église.

Dans sa fonction, Bodet assure aussi, depuis 1991, les restaurations des cloches avec un système de soudures par un procédé breveté « Le rôle des baguettes d’apport et la maîtrise des montées en températures des cloches pour le recuit final sont prépondérants, car il permet à la cloche de recouvrer sa sonorité d’origine » , explique Julien Paoléti, responsable.

Elle pèse 658 kg

Une des quatre cloches présente une oxydation et une fissure du noyau (au cœur des anses). « C’est la cloche 3, la première c’est la plus gross e. » Elle pèse 658 kg, sa note musicale est un « la ».

Une réparation s’impose et, pour ce faire, il a fallu décrocher cet instrument musical du beffroi, le glisser vers le sol sur plus de 20 mètres, puis le passer par l’oculus situé dans la voûte de l’entrée de l’église. « Il nous arrive, comme à Conques dernièrement, d’hélitroyer les cloches pour les sortir du clocher. »

La cloche sera réparée d’ici la fin de l’année. Mais en attendant, elle siège dans le bas de l’église, et sera visible le temps des Journées européennes du patrimoine, des panneaux explicatifs à l’appui. C’est la première fois que l’on descend une cloche du clocher de l’église.

Celle-ci fut installée, avec les trois autres, en 1869, mais elle a été refondue par Louis Bollé à Orléans en 1929. Sur sa robe en airain (un alliage de 78 % de cuivre et de 22 % d’étain), on distingue le nom de mécènes, parrains, marraines, et celui du maire de l’époque, Joseph Thomas, parmi des écrits en latin.

Chaque cloche a son histoire. Un événement, un accord historique, motive l’installation d’une cloche. Elle est toujours parrainée, et une cérémonie religieuse lui est consacrée.

Concernant la quatrième cloche, elle fut installée à l’occasion du départ en retraite de Pierre Bodet, le directeur de l’entreprise. Elle permet d’offrir de petites mélodies complémentaires aux autres comme l’ Ave-Maria .

Dans leur volée, les cloches accompagnent la population et livrent des repères au quotidien : l’angélus à 7 h 45, 12 h 05, et 19 h 05, puis les heures avec le son de la plus grosse cloche tandis que les cloche 2, 3 et 4 égrènent les quarts.

Elles informent de la mort avec le glas, un son donné par une seule cloche, grave. Elles alarmaient aussi avec le tocsin, pendant la guerre.

Source : Ouest France.

Septembre 2018