Groupement des Installateurs d'Horlogerie d'Edifices et
d'Equipements Campanaires

À l’église de Piré-sur-Seiche, Marie-Amélie retrouve son nid

Alain Macé

Fragilisée, la cloche a eu droit à une petite cure de jouvence de deux mois dans la Manche. 

   - Photo:Ouest France

Elle n’en était pas descendue depuis… 1884 ! Fragilisée, la cloche a eu droit à une petite cure de jouvence de deux mois dans la Manche.

Marie-Amélie retrouvera ses congénères dans le clocher de l’église. Marie-Amélie est l’une des cloches dont le tintement manquait à certains habitants du bourg depuis quelques semaines. Les équipes chargées de l’entretien composées de campanistes avaient repéré une fragilité au niveau de l’anse de la cloche, point d’accroche au mécanisme.

Rénovée dans la Manche

Ces défauts ont pour origine une mauvaise qualité du métal lors de la coulée. Ils provoquent l’oxydation de la bélière (accroche du battant). Il y avait donc un risque que la tête de la cloche cède lors d’une mise en volée, qu’elle chute et se brise.

Depuis le début du mois de juillet, l’entreprise de campanologie Macé de Tréagueux a démonté et descendu la cloche abîmée à l’aide de palan, avant de l’envoyer en réparation à la fonderie Cornillé-Havard, située à Villedieu-les-Poêles dans la Manche.

Durant deux mois, Marie-Amélie a été en cure de jouvence. Après expertise et analyse acoustique, elle a été décapée afin de mettre en évidence les fêlures et les fissures. Ce fut ensuite un premier passage dans un four pour ôter le métal écroui puis de souder l’anse principale avec un alliage bronze et de subir un second enfournage. À la sortie, elle a été poncée, nettoyée et brossée avant de subir une nouvelle analyse acoustique.

Pour la seconde fois

Marie-Amélie a été hissée et remise en place dans le clocher. Une seconde fois depuis le 2 septembre 1884. Cela fait tout juste 134 ans, quasiment jour pour jour, qu’elle fut bénie, sous le pontificat du pape Léon XIII, par Joseph Moricel, vicaire général sous la protection de monseigneur Charles-Philippe Place, archevêque de Rennes, et en présence de Joseph Moison, recteur de Piré, et Jules Caron, le maire.

Sur le corps, elle porte le nom de ses sept parrains et, parité oblige, le nom de ses sept marraines dont les premières demoiselles se prénomment Marie et Amélie.

Source : Ouest France.

Octobre 2018