Groupement des Installateurs d'Horlogerie d'Edifices et
d'Equipements Campanaires

À Mont-Saint-Père, quatre cloches pour un son plus harmonieux

Bodet Campanaire

Cette semaine, les trois cloches ont été descendues, nettoyées puis remontées dans le beffroi. En attendant la quatrième !

   - Photo:L'Union

Dans un beffroi désormais rénové, les trois cloches ont été nettoyées cette semaine, tandis qu’une quatrième cloche, Montépierrines/Montépierrins, est attendue cette semaine.

À Mont-Saint-Père, perchée à l’extrémité de son promontoire rocheux, rue Saint-Émilion, l’église Saint-Pierre avait mal à son beffroi. Des ouvriers spécialisés, appelés campanistes (voir ci-dessous), y travaillent depuis quelques jours. Au pied du beffroi, le maire Joseph Rollinet résume la situation : « En raison de l’absence d’abat-sons dans les baies du clocher, le beffroi métallique, soumis aux intempéries, était fortement corrodé et ne permettait plus de faire sonner les cloches en volée, pour des raisons évidentes de sécurité, l’angélus et les volées ont été coupés, seules les heures sonnaient. »

Bref, il y avait urgence à procéder à la mise en place d’un nouveau beffroi – le beffroi initial fut installé en 1931- pour assurer une fixation et un fonctionnement correct des cloches, répondant aux critères techniques attendus garantissant la sécurité et l’efficacité de l’ouvrage. Deux autres opérations ont suivi : l’obturation des baies du clocher contra l’invasion des volatiles, de même que le nettoyage des trois cloches existantes. Enfin, si l’installation d’une quatrième cloche a été décidée, c’est pour équilibrer les puissances sonores. Il est en effet facile à comprendre que les sonorités sont plus mélodieuses avec quatre cloches, au lieu de trois.

Des liens avec Saint-Émilion

Pour ces travaux, le conseil municipal, qui a la charge de cet édifice religieux, a reçu une subvention de 45 % du montant HT, par le biais de la DETR (dotation d’équipement des territoires ruraux), « je salue ce geste de l’État », reconnaît sobrement Joseph Rollinet.

Pour rappel, une histoire particulière s’attache à cette église Saint-Pierre. Bâtie au début des années 1930 sur l’emplacement de son aînée du 12 e S, détruite lors des bombardements de la Seconde Bataille de la Marne, elle a pu être réalisée grâce notamment à l’aide financière octroyée plusieurs années durant par la commune girondine bien connue de Saint-Émilion. Le premier magistrat constate : « Cette église est ainsi devenue le symbole d’un acte de solidarité très fort exprimé par une collectivité du Sud de la France envers la population d’un village martyrisé par les affres de la guerre. » Depuis, la commune de Mont-Saint-Père maintient d’ailleurs des liens particuliers avec la célèbre cité viticole.

Une souscription a été lancée pour financer Montépierrines, Montépierrins. Cette cloche a été fondue chez Cornille-Havard, une fonderie de Villedieu-lès-Poëles, commune du sud de la Manche et capitale du cuivre, mais surtout spécialisée notamment dans la fabrication de cloches pour les églises du monde entier.

Source : L'Union.

Octobre 2018