Une horloge avec un cadran de 24 heures à Toulouse

La plupart des Toulousains sont, sans doute passés, des centaines de fois devant cette inhabituelle horloge sans même la remarquer. Perchée sur une des corniches d’un immeuble haussmannien, au numéro 59 de la rue Alsace Loraine, à l’angle de la rue Rivals (à deux pas du Capitole, faisant face à l’enseigne Nespresso), son cadran comporte 24 heures au lieu des 12 heures habituelles. En une journée l’aiguille ne repasse donc pas deux fois au même endroit. Vu d’en bas il faut néanmoins s’habituer à une nouvelle manière de lire : sur la photo de droite par exemple il est 16 heures et non 20h comme pourrait le penser un regard distrait. Généralement dans ce cœur névralgique de l’hypercentre, on se presse, on lèche les vitrines mais on ne regarde pas en l’air. Il faut en effet lever les yeux pour apercevoir cette bizarrerie, une des deux seules en France, semble-t-il, avec Auxerre.

The Lions Express ont enquêté. L’immeuble date de 1895 mais l’entreprise H. Laumaillé, dont le nom est mentionné ici, spécialisée dans la fonderie et la restauration horlogère, est plus récente : Hervé Laumaillé, aujourd’hui décédé, a repris en 1974 une vieille entreprise dont les origines remontent à 1609 et c’est son fils qui perpétue aujourd’hui la tradition sur plus de 6300 communes et 14 départements. L’actuelle horloge, lors de sa restauration, a-t-elle repris une forme ancienne déjà présente sur le bâtiment du XIXème siècle ? S’agit-il d’une fantaisie du propriétaire de l’immeuble, peut-être astronome ou militaire, les cadrans de 24 heures, extrêmement rares sur des horloges murales, étant généralement utilisés sur des montres et dans le domaine spatial ou dans l’armée.

Quoi qu’il en soit, la prochaine fois que vous passerez rue Alsace Lorraine, avant de prendre le métro au Capitole ou sur le chemin du marché de Victor Hugo ou des cinémas de Wilson , tournez la tête vers l’étrange horloge qui trace ses heures sans repasser deux fois au même endroit dans la même journée.

Source: L'express

Crédit photo: Sandrine Carrer