Alain Macé : Saint-Yves. Des artisans des cimes aux petits soins pour l'église

Alain Macé : Saint-Yves. Des artisans des cimes aux petits soins pour l'église photo DR

Rouille et panne n'ont pas épargné la vénérable église Saint-Yves nichée dans le quartier de la Ville-Hellio depuis 1965. Hier, les artisans funambules de l'entreprise Alain Macé, de Plaine-Haute, ont redonné du timbre à une cloche et du lustre à la croix plantée à 20 m de hauteur.

Des pics saupoudrés de neige, Thierry Bourchanin en a escaladé des flopées durant ses années passées à Chamonix, où il a longtemps usé ses skis de pisteur-secouriste. L'exercice imposé, hier, sur la pyramide bétonnée de l'église Saint-Yves, prenait alors des airs de formalité pour le salarié de l'entreprise Alain Macé, basée à Plaine-Haute. Accompagné de son collègue anglais Mark Griffiths, il avait pour mission de changer le moteur de volée de la deuxième cloche de l'édifice érigé dans les années 1960 à la Ville-Hellio et imaginé par l'architecte Louis Arretche. Autre soin à prodiguer : dérouiller et repeindre les jougs ? pièce qui soutient la cloche et permet la mise en volée ? et la croix sommitale perchée à plus de 20 m. Pour cela, les deux hommes n'avaient embarqué qu'un coloris passe-partout, le gris, dans le camion de la société spécialisée en art campanaire.

Ligne de vie

« Nous avons commencé par installer la ligne de vie sur le clocher, soit quatre points d'ancrage auxquels est fixé un câble. Nous la laisserons sur place pour permettre l'intervention d'un électricien plus tard, par exemple », détaille Thierry Bourchanin. Dans la foulée, la deuxième cloche, au poids estimé à 300-400 kg, a été équipée d'un moteur électronique, et sa volée réglée au degré près, via un boîtier, afin d'éviter une altération rapide liée à une amplitude trop grande. Des coups de marteau sur la croix et les jougs ont suffi pour éradiquer la corrosion liée au bain quotidien d'air marin. Seule mésaventure lors de cette rénovation d'un jour commandée par le diocèse, le difficile passage permettant d'atteindre le sommet du clocher. Trop large d'épaules, Mark Griffiths a dû laisser sa place, dans l'après-midi, à un troisième salarié, profilé comme une limande. Un travail à réserver aux amoureux des cimes, quand dans les entrailles du monolithe religieux, des ouvriers d'entreprises plus traditionnelles s'affairaient à restructurer le sous-sol, campés sur le rassurant plancher des vaches.

28/10/2014

Source : Le Télégramme